Le local à la côte by EWAG Magazine - Mars 2020

Le local à la côte by EWAG Magazine - Mars 2020
Ce mois-ci, les magasins Carrefour et la marque « Produits d’ici » mettent l’accent sur la production en viande porcine locale qui s’affirme en saveur, en dépit des freins liés à notre insularité. Guy Lurel est l’un des artisans de ce progrès.

Guy Lurel nous reçoit dans ses bureaux de « L’éleveur » à Morne Rouge Sainte-Rose. C’est un homme affable, connu, voire très connu en Guadeloupe. Pas uniquement en raison de son patronyme que l’on rattache systématiquement à une autre illustre personnalité politique du pays dont il est le frère mais surtout pour sa longue implication et à ses « combats » dans le domaine de l’élevage. Trente-huit ans qu’il bourlingue pour améliorer essentiellement le cheptel porcin local quantitativement et qualitativement. Aujourd’hui, il dirige deux grosses structures : la SCEA (Société Civile d’Exploitation Agricole) et le CPG (Cochon Pays Guadeloupe). Un objet spécifique est dévolu à chaque entité. La première se consacre à l’élevage porcin avec néanmoins une activité bovine mineure tandis que la deuxième est spécialisée dans l’abattage, la découpe et la transformation agroalimentaire.

La chaîne de qualité

La SCEA est fournisseuse de la coopérative interprofessionnelle locale qui elle-même revend au CPG qui a créé sa marque « L’éleveur » et qui fournit directement les magasins Carrefour Destreland, Carrefour Contact Grand-Camp et Saint-François en produits transformés, conditionnés et étiquetés. « Produits d’ici » promeut et vend les articles qui finissent par se retrouver ensuite ailleurs ou en « Guadeloupe dans l’assiette » de vos convives et la vôtre lors de fines agapes. « À chacun son métier. Je suis éleveur, mais je ferais un très mauvais vendeur. » s’esclaffe Guy Lurel. En tant qu’éleveur-producteur il est le premier de sa catégorie en assurant 25% des 1500 tonnes/an de viande porcine locale du réseau organisé qui ne prend pas en compte les quelques 800 tonnes de l’abattage clandestin. « Le partenariat avec la marque « Produits d’ici » des magasins Carrefour Destreland et Carrefour Contact Grand-Camp et Saint-François nous tire vers le haut. Nous avons besoin de leur expertise dans la vente qui fait preuve de dynamisme et de compétence ». Affirmation catégorique du leader de la production guadeloupéenne qui livre 15% de ses 750 tonnes annuelles aux magasins Carrefour qui sont ses plus gros clients. « L’éleveur guadeloupéen doit jouer la carte de la qualité faute de pouvoir rivaliser en quantité avec la France. À titre d’exemple ! On recense en France par an vingt-six porcelets par truie contre seize en Guadeloupe. À six mois, ces petits vont peser en moyenne 105 Kg outre atlantique et soixante-dix-huit seulement chez nous. CQFD ! Par contre la qualité est jouable parce que démontrée. » Les quatorze adhérents de la coopérative porcine de Guadeloupe et leurs sept-cent-cinquante truies productives brandissent la qualité comme argument concurrentiel. Guy Lurel pour sa part projette d’améliorer encore cette qualité en élevant bientôt ses porcs en liberté et en décrochant le label rouge qui impose des normes drastiques édictées par la commission de certification et de contrôle du ministère de l’Agriculture. Nouveau défi pour Cochon Pays et ses partenaires.

Cette perspective d’amélioration de la qualité déjà estimable de la viande porcine locale de la marque « Produits d’ici » ne peut qu’allécher les commensaux appelés à se retrouver autour de bonnes tables, comme celle d’Eric Soudron. Ce boucher- restaurateur-traiteur pointois (de grand-père à petit-fils) a spécialement concocté une recette à base de porc. Une aubaine, à l’approche de noël.

Crédits : Ori MENEL